Visite du jeudi 14 septembre 2017


Mol et Lommel


    Ce matin nous sommes une vingtaine à embarquer dans le car au départ de Barchon et d’Ans pour atteindre notre premier objectif du jour « EURIDICE » situé sur le territoire de Mol dans la province d’Anvers.

EURIDICE : signifie, infrastructure de recherche souterraine européenne pour le stockage de déchets radioactifs dans un environnement argileux.


Les différents organismes impliqués dans cette problématique.

Le GIE EURIDICE : est un groupement d'intérêt économique entre l'ONDRAF et le SCK-CEN. Il étudie la sûreté et la faisabilité de la mise en dépôt final des déchets radioactifs. Ainsi, il contribue au programme national de dépôt final géré par l'ONDRAF.

Le SCK-CEN : Centre d’étude de l’Energie Nucléaire est le centre de recherche fédéral chargé de l’étude des applications pacifiques en science et technologie nucléaire. Il est actif dans les domaines à caractère sociétal tels que la sûreté nucléaire, la radioprotection et l’enfouissement de déchets radioactifs.

L’ONDRAF : est l’organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies, responsables de la gestion des déchets radioactifs belges. L’ONDRAF initie et coordonne les programmes de recherche et développement pour le dépôt final des déchets radioactifs.

BELGOPROCESS : traite et conditionne les déchets radioactifs des centrales nucléaires, des hôpitaux, des laboratoires et des producteurs industriels et stocke à mi-parcours des déchets radioactifs belges conditionnés.





    En première partie de la visite, nous sommes accueillis dans une salle d'exposition. Au moyen de films, dessins et maquettes, les raisons et les possibilités du stockage souterrain de déchets radioactifs en couches argileuses profondes nous sont exposées.




Déchets hautement radioactifs et/ou de longue durée de vie

  De nombreuses applications nucléaires produisent des déchets radioactifs : la génération d’électricité dans les centrales nucléaires, le démantèlement d’installations nucléaires et l’utilisation de matières radioactives dans la recherche, dans l’industrie et en médecine. Une partie de ces déchets contient des matières qui demeurent radioactives pendant des centaines de milliers d’années: ce sont des déchets de « longue durée de vie ». Une partie de ces déchets, notamment les déchets vitrifiés provenant du retraitement de combustible nucléaire usé, est hautement radioactive.

   Le rayonnement émis par les déchets hautement radioactifs est extrêmement puissant c’est pourquoi ces déchets dégagent de la chaleur. Les déchets hautement radioactifs contiennent tant des matières radioactives de longue durée de vie que de courte durée de vie.

  Ces déchets sont enfermés dans un emballage approprié. Il s’agit de fûts entreposés temporairement dans des bâtiments spéciaux sur le site de l’ONDRAF à Dessel, exploité par Belgoprocess. Cet entreposage temporaire garantit la sûreté à court et moyen terme (ordre de durée 100 ans). Cependant, à long terme, il est indispensable de disposer d’une solution capable de protéger l’homme et l’environnement pendant des centaines de milliers d’années sans que l’homme ne soit obligé d’intervenir activement.




 Stockage en profondeur dans de l'argile

Stockage géologique

    Le stockage en profondeur consiste à enfouir les déchets radioactifs profondément sous terre dans un environnement géologiquement stable. La mise en place de toute une série de barrières entre notre milieu de vie et les déchets permet de protéger l’homme et l’environnement contre les effets néfastes de ces déchets.

    Nous distinguons deux sortes de barrières : la barrière naturelle, c’est-à-dire la couche géologique stable dans laquelle sont enfouis les déchets, et les barrières ouvragées, c’est-à-dire les différentes couches d’emballage autour des déchets et les divers matériaux de comblement. Les barrières ouvragées assurent le confinement des déchets radioactifs. Si les barrières ouvragées se dégradaient après une très longue période et que les matières radioactives s’échappaient de leur emballage, les caractéristiques de la barrière naturelle veilleraient à ce que les matières radioactives ne puissent se disperser que très lentement.

    L’isolement à grande profondeur sous terre limite la probabilité et les conséquences d’une intrusion humaine. Il a en outre pour effet que les altérations qui se produiront à la surface de la terre pendant ces longues périodes de temps n’auront pas ou peu d’influence sur la sûreté du système de stockage. Le confinement, l’isolement et la dispersion lente sont les trois fonctions de sûreté du système.

Pourquoi dans de l’argile ?

  En Belgique, la recherche sur le stockage en profondeur s’oriente vers l’Argile de Boom et les Argiles yprésiennes.

  Ces couches argileuses sont de nature à convenir pour le stockage en profondeur car elles sont très peu perméables à l’eau et retiennent très longtemps les matières radioactives. Celles-ci ne peuvent donc pas se disperser rapidement dans l’argile. De plus, les couches argileuses sont plastiques comme de la pâte à modeler et les fractures qui s’y forment se referment d’elles-mêmes. Enfin, les couches argileuses étudiées sont vieilles de dizaines de millions d’années et sont très stables.







    Dans la seconde partie de la visite, nous allons découvir le laboratoire souterrain « HADES ».
et sa configuration minière « Machine d'extraction » « Belle-fleur » « Cage » « Ventilation » etc..


Le laboratoire souterrain HADES

   Le laboratoire joue un rôle central dans la recherche en matière de sûreté et de faisabilité du stockage en profondeur des déchets radioactifs. Des experts y développent et testent des technologies industrielles pour la construction, l’exploitation et la fermeture d’une installation de stockage dans l’argile profonde. Des scientifiques y mènent des expériences dans des conditions  réelles dans la couche argileuse profonde, à grande échelle et à long terme afin d’évaluer la sûreté du stockage en profondeur dans de l’argile peu indurée.

   Situé à une profondeur de 225 mètres dans l’Argile de Boom, sous les terrains du SCK•CEN. À Mol, l’Argile de Boom se situe à une profondeur comprise entre 190 et 290 mètres. Cette couche argileuse s’étend sous plusieurs communes de la Campine et refait surface dans la commune de Boom, ce qui lui vaut son nom. La région de Boom compte un certain nombre de carrières d’argile exploitées pour la fabrication de briques.

   La construction du laboratoire souterrain HADES a démontré la faisabilité de la construction d’une installation de stockage à l’échelle industrielle dans de l’argile peu indurée.

   Depuis le début des travaux de creusement, dans les années 1980, la technologie d’excavation et de construction des puits et galeries a considérablement évolué. La construction du laboratoire HADES s’est déroulée en deux phases. La première partie a été construite dans les années 1980, considérées comme les années pionnières « creusée manuellement dans l’argile congelée ». À la fin des années 1990, le laboratoire a été agrandi de manière industrielle « technique du tunnelier » pour démontrer la faisabilité technique et économique de la construction d’une installation de stockage à grande profondeur dans de l’argile peu indurée et pour évaluer l’impact du creusement sur la sûreté.




HADES dans le contexte européen

Laboratoires de recherche souterrains en Europe

    Ces laboratoires permettent aux scientifiques d’acquérir l’expertise nécessaire pour concevoir une installation de stockage sûre. Ils se situent dans des couches géologiques jugées adaptées au stockage en profondeur ou dans un sous-sol qui est suffisamment représentatif pour y mener ces études. La figure ci-dessous présente quelques laboratoires souterrains situés en Europe et menant des recherches sur le stockage en profondeur.




    Certains laboratoires sont construits en tant qu’extension d’une mine ou d’un tunnel existants, tels les laboratoires suisses de Mont Terri (dans de l’argile indurée) et de Grimsel (dans du granit). D’autres sont construits en tant qu’installation isolée dans le sous-sol et se consacrent exclusivement à la recherche sur le stockage en profondeur. Le laboratoire dans la région de Bure en France en est un exemple. Il se situe à plus de 400 m de profondeur dans une couche argileuse indurée. Onkalo, en Finlande, constitue un autre exemple de laboratoire souterrain construit exclusivement à des fins de stockage en profondeur final dans du granit. En outre, dans ce cas précis, le laboratoire constitue le premier élément d’une installation de stockage réelle. Il ne s’agit que de quelques exemples illustrant la variété qui existe en matière de laboratoires de recherche souterrains.



L'expérience PRACLAY


Comportement thermique et hydromécanique de l'argile peu indurée

   Le creusement de galeries et la mise en place de déchets hautement radioactifs dégageant de la chaleur provoquent une altération de l’argile, tant sur le plan de la température (thermique) que sur celui du comportement de l’eau interstitielle (hydro) et du comportement mécanique. La question de savoir comment l’argile se comporte exactement sous l’influence de cette combinaison de perturbations est primordiale pour le développement d’une installation de stockage dans une couche argileuse profonde. Trente ans d’étude du comportement thermique et hydromécanique de l’argile ont démontré que ces perturbations ne compromettraient pas la sûreté du système de stockage. La validation et l’approfondissement de ces connaissances demeureront un défi de taille au cours des prochaines années.

   De nombreuses expériences sont réalisées en vue de l’étude détaillée de tous les aspects de la sûreté et de la faisabilité technique du stockage en profondeur

   L’expérience PRACLAY est menée à grande échelle (galerie de 45 m - diametre 1.9 m), à long terme (10 ans) et aux températures qui sont attendues dans le cas d’un éventuel stockage de déchets de haute activité (80°C) en est un exemple.


   À l’issue de la phase de chauffe (probablement vers 2024) et après le démantèlement de l’intégralité de l’expérience, les scientifiques consacreront un certain temps à l’interprétation de toutes les données et à la rédaction des conclusions finales.



Les résultats de l’expérience PRACLAY permettront d’affiner la connaissance actuelle du comportement de l’Argile de Boom pendant la chauffe. Le but principal est de confirmer que les propriétés favorables de l’argile pour confiner les déchets radioactifs sont conservées. Il s’agit donc d’une étape importante pour la réalisation d’une installation de stockage.




    Après cette matinée technique et studieuse, un moment de détente et un bon repas sont donc très attendus (Potage du jour, Mignonnette de porc, sauce poivrade. Légumes de saison, frites/croquettes, Dessert ou café). Voici quelques clichés de ce bon moment.





   Notre second objectif de la journée est le « Cimetière Militaire Allemand de Lommel ». Depuis la sortie du restaurant la pluie ne nous a plus quittés et de ce fait imperméables et parapluies sont devenus indispensables.

   Ce cimetière militaire allemand le plus grand en Europe occidentale (hors Allemagne), inauguré le 6 septembre 1959, est situé dans un parc de 16 ha superbement entretenu.

   38.560 soldats allemands de la Seconde Guerre mondiale y reposent. Sous chaque croix reposent 2 soldats.

    La plupart sont tombés lors de la campagne des 18 jours (10-28 mai 1940), les batailles autour d'Aachen (septembre à décembre 1994) et l'offensive des Ardennes (16 décembre 1944 au 30 janvier 1945) ainsi qu'à la tête de pont de Remagen.

                                                                             


    Nous reprenons la route au environ de 16 H 00, enchantés de cette visite très intéressante dans les profondeurs de la terre.